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Gérer les bois et forêts sans coupes rases : la sylviculture à couvert continu
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Principes de notre sylviculture

La sylviculture mélangée à couvert continu, souvent appelée Sylviculture Irrégulière Continue Proche de la Nature (SICPN), cherche à optimiser le traitement des écosystèmes forestiers afin qu’ils remplissent d’une manière durable et rentable leurs multiples fonctions socio-économiques. Certes...

Mais déclinons un peu la sémantique que recouvre cet acronyme barbare de SICPN ! :

S : on parle bien d'une Sylviculture, c'est à dire d'une action à vocation première et prioritaire en faveur du peuplement restant, dont on cherche à améliorer à la fois la valeur économique ET la fonctionnalité écologique (car les deux sont liées). La récolte d'un bois "mûr", fait partie de cet acte sylvicole, mais c'est avant tout l'évolution des bois restants qui dicte les choix. Dis autrement il s'agit bien de la gestion d'un "capital" (dynamique), plutôt que la gestion d'un "stock" (inerte). Et l'objectif est d'améliorer, par les actes sylvicoles, la qualité économique et écologique de l'ensemble du capital en question.

I : Irrégulière car la forêt est gérée en s’inspirant des conceptions du jardinage par un traitement qui optimise le potentiel individuel de chaque individu : c'est bien par « une sylviculture d’arbre », pratiquant des interventions fréquentes et légères, qu'on conduit à une irrégularité en essences, en dimensions et au niveau spatial. Et c'est de cette irrégularité spatiale et temporelle que naitra la pérennité et la continuité du système. D'ailleurs la "vraie" irrégularité est beaucoup plus verticale (étagement de la photosynthèse à tous les étages) qu'horizontale (répartition en catégories de diamètres).

C : Continue car la gestion est réalisée sans coupe rase, avec une continuité spatio-temporelle du couvert forestier, des prélèvements en coupe qui sont ajustés à l’accroissement en volume et qui ont donc pour conséquence à terme une continuité du matériel sur pied, lui-même maintenu autour d'une valeur d'équilibre permettant à la fois de produire et de régénérer en continu. En corollaire il y a continuité des paysages et de la fonctionnalité sociale associée aux forêts ainsi gérées. La continuité est aussi économique : en gérant les forêts de cette manière, on produit de manière continue du bois, sans à-coups. Et si l'amélioration est bien faite, on produit des bois de meilleure qualité à chaque fois.

PN : Proche de la Nature car la gestion s’inscrit dans le respect des processus naturels et des grands principes qui régissent la vie de la forêt. La base de ce respect est la compréhension du fonctionnement de l’écosystème et des dynamiques naturelles en jeu. Ensuite on s'appuie sur la biologie des espèces (autoécologie) et les interactions entre elles (synécologie) pour orienter les dynamiques vers les objectifs de production multifonctionnelle et durable souhaités. De ce fait on fera évidemment le choix d’essences adaptées aux conditions stationnelles, et on cherchera à intégrer, dans les actes sylvicoles, les enjeux environnementaux, paysagers et sociaux liés à la forêt...